Your opinion Matters #2


Une performance-médias et un site web



De et avec : Magali Desbazeille
Dramaturgie : Julie Valero
Développement : Emilie Zawadzki
Motion Design : Yoann Arres Lapoque
Graphisme : Gabin Nivard
Régie-Son : à préciser
Traduction : à préciser
Production déléguée : Cie ASAP

Your Opinion Matters #2 porte sur les évaluations permanentes de « tous sur tout ». La question est : Pourquoi TOUT est évalué, TOUT le temps, par TOUT le monde ?


Votre avis est partout, tout le temps et il nous intéresse !
Your Opinion Matters #2 porte sur l’universalisme de la logotypie et du langage des évaluations. Étoiles, smileys, pouces levés, échelles de 0 à 10… « votre avis nous est précieux », « distribuez vos étoiles ! », « aidez-nous, donnez votre avis, notez ! », « quel bonheur de donner des notes ! ». Même logos, même langage et mêmes couleurs du rouge au vert, sont utilisés partout.
Et tous les domaines sont concernés par le vote et l’évaluation, des plus divers, des plus sérieux aux plus loufoques, de l’intime à institutionnel, des grandes entreprises à la politique – de la notation de la recherche en passant des avis demandés par SMS pour évaluer un livreur, jusqu’à votre déclaration d’impôts en ligne, vous êtes sollicités pour tout évaluer, que se soit un service, un produit ou un humain ! Et en évaluant, vous distribuez des récompenses !

La performance


La performance sera d’une durée de 35 minutes et matérialisera au plateau, les éléments virtuels des évaluations.
La performeuse promène en laisse, son échelle de 0 à 10 sur roulettes. Elle l’utilise pour faire du fitness. La performance matérialise les éléments immatériels de l’évaluation : l’échelle de 0 à 10, les smileys, les pouces levés, les étoiles mais aussi, les trophées, les coupes, les vraies médailles et les médailles en chocolat. La 5 parties qui constituent la dramaturgie de la performance abordent les avis, les likes, les clickworkers, les notes et une chronologie de l’évaluation remontant à 1885 jusqu’à un futur proche.
Le texte reprend les éléments de langage archétypaux de l’évaluation que la performeuse éclaire de son vécu personnel. De la commande du cahier d’exercice d’anglais pour son fils ainé, à la notation de l’hôpital où sa mère est décédée, de sa déclaration d’impôt en ligne à la notation des sites web de rencontre, elle liste quantité de demande d’avis reçus et dévoile l’infiltration de ce phénomène dans son quotidien.


Essais de voix off pour la performance






Résidence de création au théâtre de l’Est, Université de Grenoble-Alpes



Répétition lors de la résidence



Accessoires de la performance, déploiement des éléments scénographiques


Extrait textuel de la performance


« Je participe parfois au business de l’indignation. C’est ce qui génère le plus de partage, l’indignation, plus que le scoop.
Je participe à l’économie de l’attention : objectif : nous faire rester le plus longtemps sur un site, pour faire de la PREDICTION.

J’essaie d’éviter, mais je participe quand même à notre obsession pour les évaluations et les classements, pour le nombre de « j’aime », de retweets, de commentaires et de partages.
Ça ne définit pas encore la conception que je me fais de moi-même. J’essaie de ne pas agir en fonction de cette métrique.
J’essaie de ne pas me juger ni de m’évaluer par mes propres chiffres.

En fait, Georges Orwell s’est complètement trompé dans 1984.
On n’a même pas besoin d’un Big Brother – on s’organise très bien tous seuls
On livre toutes nos données personnelles par nous-même.

On livre tout parce qu’on a
Le désir de s’exposer
Le désir de se publier
Le désir de se liker
Le désir de se commenter
Le désir de recevoir une récompense
Le désir de donner une récompense,
L’ENVIE du sentiment d’appartenance,
Le BESOIN de reconnaissance

Et même si je sais que tout est enregistré, toute ma navigation, tous mes posts, mes SMS, mes échanges Whatapps’, mes commentaires, mes like,
Même si je sais que des dizaines d’algorithmes m’enregistrent,
Même si je sais qu’en participant, je nourrie d’immenses bases de données.
Même si je sais qu’en participant, j’entraine les algorithmes et je fais gagner des milliards à des sociétés qui ne paient même pas d’impôts ici.
Même si je sais qu’en participant, je travaille gratuitement pour ces sociétés,
Même si je sais qu’il y a des travailleurs de clicks qui modèrent les contenus et entrainent les algorithmes en étant sous payés, de l’autre coté de l’hémisphère,

JE PARTICIPE ! »