Calage 1 et 2 ont été réalisés
pour le projet En Somme de Marion Levy.
Conception artistique : Magali Desbazeille, en collaboration
avec Marion Levy dans le cadre du projet En Somme,
Performance : Andréa Sitter
Développement informatique : Jérôme Tuncer
Installation-performance
vidéo in situ, temps différé et temps réel
dans un des chambres de l'hôtel Le Lutétia à Paris,
dans le cadre des soirées nomades de la Fondation Cartier et du
projet " en Somme " de Marion Levy.
Toutes les présences/clients passés
font exister ce lieu. Combien de gens se sont endormis ici, combien de
clients ont été oubliés par le personnel ? Je m'endormirai
lorsque j'aurai calé les images, lorsque je les aurais calées
avec une telle précision qu'on ne les verra plus...
La chambre est sombre. Elle est là, allongée
sur le lit. Elle se parle à voix haute. Elle pense à
tous les clients qui ont dormi dans ce lieu, à ce que ces
murs de chambre racontent.
Il balaie la chambre du regard puis vidéoprojète une
image, calée 1 sur 1.
Apparaissent au détour d'un angle, d'un meuble, subrepticement,
les clients qui ont dormi ici, leur visage, un geste restent comme
inscrits dans les murs mêmes.
Cette image est une image-mémoire du lieu, mémoire
de ce qui a eu lieu. L'intégration d'images en temps réel
vient troubler cette temporalité, s'agit-il de mémoire ou
de présent ? de fiction ou de réel ?
En temps réel, l'image des clients entrant dans l'hôtel s'intègre
au dispositif, les clients actuels font aussi partis du lieu, et vont
y laisser un peu d'eux mêmes et en garder un peu dans leur mémoire.
En temps réel, le visage de la femme, apparaît aussi dans
l'image vidéo. Elle se regarde tentant de s'endormir.
Le calage entre l'image-mémoire et le lieu-présent devient
indispensable à son apaisement pour qu'elle puisse s'endormir.